Journal de bord de l'équipage Pirates FC — des mers d'Azeroth aux profondeurs de l'Outreterre
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Chapitre 01
Les Origines du Pirates FC
Des rêves de gloire au fond d’une chope
Le Pirates FC n’aurait jamais vu le jour sans sa capitaine :
Niismo.
Mais avant que son nom ne résonne sur les mers d’Azeroth, avant les abordages,
les trésors, les batailles et les chants braillés sur le pont d’un navire,
il faut raconter comment tout a commencé.
Et comme beaucoup de grandes légendes de la Horde… tout débuta autour d’une
table collante, dans une taverne d’Orgrimmar, un soir de beuverie.
Dans une taverne d’Orgrimmar, tout commença autour de quelques verres.
Ce soir-là, Niismo, jeune orque au regard fier et au caractère bien trempé,
retrouvait comme chaque vendredi ses compagnons de longue date. Ils venaient y boire,
rire, se moquer de leurs défaites, exagérer leurs victoires et raconter leurs dernières
aventures sur les côtes d’Azeroth.
À sa droite, Smocky, prêtresse de l’ombre, faisait tourner son verre entre ses doigts.
— Encore une semaine à pêcher trois crabes et à fuir deux murlocs ? demanda-t-elle avec un sourire en coin.
— Fuir ? répondit Niismo en frappant la table. J’ai simplement choisi une retraite stratégique vers ma barque.
— Ta barque prenait l’eau, capitaine, ajouta quelqu’un au fond.
— Justement. Double danger. Triple mérite.
Les rires éclatèrent dans la taverne.
Niismo raconta alors, avec beaucoup trop de gestes et un sérieux très discutable,
comment elle avait mis en déroute une bande de pirates amateurs qui tentaient de lui voler
sa prise du jour.
Selon elle, ils étaient vingt. Selon Smocky, ils étaient quatre.
Selon le tavernier, ils étaient surtout très ivres.
Mais dans tous les cas, Niismo les avait renvoyés à la mer avec plus de bosses que de butin.
Depuis longtemps, elle rêvait de plus grand. Elle ne voulait pas seulement pêcher,
survivre ou raconter des histoires dans une taverne. Elle voulait que son nom soit connu.
Elle voulait être respectée. Elle voulait un équipage, un vrai.
Des frères et sœurs d’armes. Un navire. Un pavillon. Une légende.
La nuit avançait. Les chants s’éteignaient peu à peu. Les tables se vidaient.
Bientôt, il ne resta plus que Niismo, ses compagnons les plus tenaces,
et Wayke, le tenancier de la taverne.
Wayke n’était pas un simple aubergiste. Cousin éloigné de Niismo,
il était respecté dans tout Orgrimmar pour ses talents de chasseur.
Toute la viande servie dans son établissement venait de ses propres traques.
Sanglier, raptor, basilic… parfois même des choses qu’il valait mieux ne pas identifier
avant de les manger.
Grâce à lui, Niismo et sa bande profitaient de tarifs plus qu’avantageux.
Certains disaient même qu’ils payaient moins cher que les rats de la cave.
Accoudé au comptoir, Wayke observait le groupe rêver d’aventure entre deux verres.
— Vous êtes mignons, à parler de gloire et de grands voyages, dit-il en essuyant une chope.
Mais la vraie aventure, elle commence bientôt.
Niismo leva un sourcil.
— Qu’est-ce que tu racontes encore, vieux chasseur ?
Wayke posa son torchon, plus sérieux.
— D’ici quelques lunes, une porte va s’ouvrir. La Porte des Ténèbres.
De l’autre côté, d’après les rumeurs, il y aurait un monde brisé, sauvage,
rempli de dangers, de trésors et de créatures que personne ici n’a encore affrontées.
— Ils appellent ça… l’Outreterre.
Quand le nom de l’Outreterre fut prononcé, quelque chose changea pour toujours.
Le silence tomba sur la taverne.
Même les plus ivres comprirent que quelque chose venait de changer.
Dans les yeux de Niismo, une flamme venait de s’allumer.
Pas une petite étincelle de fond de chope. Non. Un vrai brasier.
Finie la vie de simple pêcheuse. Finies les sorties sur une barque grinçante.
Si un nouveau monde allait s’ouvrir, alors elle serait de ceux qui franchiraient la porte.
Pas seule. Pas à pied. Mais avec un équipage digne de ce nom.
Niismo se redressa brusquement.
— Alors c’est décidé. On achète un vrai bateau.
Smocky manqua de s’étouffer avec sa boisson.
— Un bateau ? Avec quel or ? Celui que tu dois encore au poissonnier ?
Wayke éclata de rire.
— Ah ! Et comment tu comptes payer ça, capitaine ?
Niismo ne répondit pas tout de suite. Elle fixa son verre, puis ses compagnons.
— On va former un équipage. Un vrai. Des hommes et des femmes capables de se battre,
de rire, de tomber, de se relever… et de boire sans fuir la note.
— Ça, c’est déjà plus rare qu’un trésor, marmonna Wayke.
Le chasseur observa Niismo un long moment. Il la connaissait bien.
Quand elle avait une idée en tête, même un kodo lancé au galop aurait eu du mal à l’arrêter.
Finalement, il soupira.
— Très bien. Je vous propose un marché.
Tout le monde se tourna vers lui.
— Moi aussi, je veux aller en Outreterre. Je veux devenir une référence parmi les chasseurs.
Je veux voir ces terres de mes propres yeux. Alors je finance le bateau.
Les regards s’illuminèrent.
— Mais à une condition, ajouta Wayke.
Niismo plissa les yeux.
— Laquelle ?
— Je serai le chef de l’équipage.
Un silence pesant suivit. Puis Wayke leva la main avant que Niismo ne proteste.
— Sur le papier seulement. La navigation, ce n’est pas mon truc.
Je te laisse tenir la barre, donner les ordres en mer, hurler sur les moussaillons
et faire ta grande capitaine. Mais l’achat du navire, c’est moi qui le prends en charge.
Niismo croisa les bras. Elle réfléchit quelques secondes,
puis un sourire se dessina sur son visage.
— Marché conclu. Mais sur le pont, c’est moi qu’on appelle capitaine.
— Tant que tu ne coules pas mon investissement, répondit Wayke.
Il griffonna alors un nom sur un morceau de parchemin et le tendit à Niismo.
— Va voir le docker près du port. Dis-lui que tu viens de ma part.
Il te trouvera sûrement une bonne affaire. Et dis-lui de passer me voir
pour les dernières pièces à régler. Il me doit beaucoup.
Wayke eut un petit sourire.
— Dont la vie. Mais ça, je vous le raconterai un autre jour.
Maintenant, dehors. Je dois fermer, le soleil va se lever.
Niismo sortit de la taverne avec ses compagnons.
L’air frais du matin fouetta son visage. Orgrimmar s’éveillait doucement,
mais pour elle, quelque chose de bien plus grand venait de commencer.
Il leur fallait un navire.
Il leur fallait un équipage.
Il leur fallait un nom.
Certains proposèrent Fight Club, parce qu’ils savaient déjà
qu’ils passeraient beaucoup de temps à se battre.
D’autres parlèrent de Football Club, sans trop savoir pourquoi,
si ce n’est que ça sonnait bien après quelques verres.
Finalement, entre deux éclats de rire et trois idées beaucoup trop mauvaises,
un nom resta.
Pirates FC.
Personne ne savait vraiment ce que voulait dire le “FC”.
Et c’était peut-être mieux ainsi.
Quelques semaines plus tard, le Pirates FC mettait enfin coque à l’eau.
Quelques semaines plus tard, une coque grinçante mais solide fendait enfin les eaux
sous son nouveau pavillon. Ce n’était pas le plus beau navire d’Azeroth.
Ni le plus rapide. Ni même le plus rassurant.
Mais pour Niismo et les siens, c’était le début d’une légende.
Le Pirates FC venait de mettre coque à l’eau.
Bientôt, l’Outreterre entendrait parler d’eux.
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Chapitre 02
L’ouverture de la Porte des Ténèbres
Rendez-vous le 6 février à Minuit aux portes de l’Outreterre
Sur le quai, une affiche de recrutement traînait encore, à moitié arrachée par le vent —
la plupart des candidats du premier jour avaient fini noyés, ivres, ou les deux. 📜
Après des semaines à recruter aux quatre coins d’Azeroth, l’heure avait enfin sonné.
Niismo avait réussi l’impossible : rassembler sous un même pavillon
de jeunes aventuriers, de vieux briscards, des bagarreurs de taverne, des chasseurs de gloire,
quelques rêveurs, et probablement deux ou trois individus qui avaient signé sans vraiment lire le parchemin.
Tous avaient pourtant un point commun : l’envie de changer de vie.
Ils voulaient partir à la conquête de l’Outreterre.
Ils voulaient des trésors, des batailles, des légendes.
Ils voulaient devenir plus que de simples aventuriers perdus dans la foule.
Ils voulaient devenir des pirates.
Des aventuriers venus de partout commencèrent à rejoindre le pavillon du Pirates FC.
Mais comme souvent dans les grandes histoires, les plans avaient déjà commencé à changer.
Wayke, qui devait accompagner l’équipage dans cette grande aventure,
avait fini en bien mauvais état après une rencontre regrettable avec une bête nommée
Dazrroh.
Les détails de l’incident restaient flous. Certains parlaient d’un duel héroïque,
d’autres d’une mauvaise chute, et quelques mauvaises langues affirmaient que Wayke
avait simplement sous-estimé la taille de la créature.
Toujours est-il qu’il était désormais en convalescence. La vie d’aventurier attendrait.
Niismo se retrouva donc seule à la tête du navire.
Seule capitaine.
Seule maîtresse à bord.
Et responsable d’un équipage qui comptait déjà plus de
deux cents hommes et femmes prêts à embarquer sous le pavillon du
Pirates FC.
Elle le savait bien : tous ne tiendraient pas la route.
L’Outreterre n’était pas une promenade sur les quais de Baie-du-Butin.
Beaucoup abandonneraient. Certains se perdraient. D’autres retourneraient à une vie plus calme,
loin des flammes, des démons et des réparations d’armure hors de prix.
Mais parmi cette grande marée de recrues, Niismo cherchait autre chose.
Les plus solides. Les plus loyaux. Ceux qui resteraient debout quand le pont tremblerait.
Ceux avec qui elle pourrait former un équipage restreint, soudé, prêt à affronter les raids
les plus dangereux et les monstruosités les plus terribles.
Un jour, ils iraient chercher les trésors les plus rares, les armes les plus légendaires
et les victoires les plus difficiles.
Un jour, ils forgeraient la légende du Pirates FC.
Mais avant cela, il fallait pouvoir passer la Porte des Ténèbres.
Pendant les jours qui précédèrent l’ouverture, une partie de l’équipage commença déjà
à sortir du lot. Les groupes se formaient. Les caractères s’affirmaient.
Les premiers liens naissaient entre deux combats, trois jurons et quelques résurrections mal placées.
Ils s’entraînèrent partout où Azeroth pouvait encore leur offrir du danger.
Dans les profondeurs brûlantes du Mont Rochenoire.
Au cœur des ruines oubliées de Hache-Tripes.
Sur les champs de bataille glacés de la vallée d’Alterac.
Dans la fureur du goulet des Chanteguerres et bien d'autres endroits.
Là, ils apprirent à se connaître. À se couvrir. À se faire confiance.
À reconnaître celui qui charge trop tôt, celui qui soigne toujours au bon moment,
et celui qui dit “je connais le chemin” juste avant de mener tout le groupe dans une impasse.
Petit à petit, l’équipage gagnait en expérience. Les armes s’aiguisaient.
Les armures se renforçaient. Les sacs se remplissaient de potions, de bandages,
de pierres de foyer, et d’une quantité inquiétante de nourriture douteuse.
Avant l’Outreterre, l’équipage dut apprendre à combattre ensemble.
Puis la date tomba enfin.
Rendez-vous le 6 février à minuit.
La Porte des Ténèbres allait s’ouvrir.
Ce soir-là, le nouveau navire du Pirates FC fut mis à l’eau.
Le pavillon claqua au vent, noir et fier, tandis que les membres de l’équipage
se donnaient rendez-vous au large de Strangleronce
avant de rejoindre les Terres Foudroyées.
Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils voyaient autant de pirates réunis au même endroit.
Certains arrivèrent avec leurs propres petites embarcations. D’autres prirent le zeppelin.
Quelques-uns passèrent par portail. Et une poignée prétendit avoir “pris un raccourci”,
ce qui expliquait sans doute pourquoi ils arrivèrent en retard, trempés,
et poursuivis par quelque chose.
Mais personne n’avait prévu l’ampleur de l’événement.
Tous les aventuriers d’Azeroth semblaient s’être donné rendez-vous devant la
Porte des Ténèbres. Des héros, des curieux, des guildes entières,
des impatients, des retardataires, des vendeurs de consommables beaucoup trop chers…
une véritable marée vivante se pressait devant le portail.
Le plan initial du Pirates FC vola en éclats.
Impossible de se retrouver correctement dans la foule. Impossible de regrouper tout le monde.
Impossible même, pour certains, de savoir s’ils avançaient ou s’ils étaient simplement portés
par la masse.
Quelques membres, découragés par le chaos, décidèrent d’aller dormir dans la taverne
la plus proche en attendant que la tempête passe.
D’autres, plus chanceux ou plus têtus, réussirent à se faufiler jusqu’à la Porte.
Mais ils n’avaient pas prévu une chose : l’embouteillage de l’autre côté.
L’Outreterre les attendait bien…
mais elle les attendait avec une file d’attente.
Devant la Porte des Ténèbres, la légende commença dans le chaos.
Pendant plus d’une heure, les aventuriers s’entassèrent à la sortie du portail.
Les cris, les montures, les sorts, les invocations et les appels de groupe
se mélangeaient dans un chaos indescriptible.
Puis, peu à peu, la foule se dispersa.
Les pirates commencèrent enfin à se retrouver.
Par petits groupes, ils se rassemblèrent dans la
Péninsule des Flammes infernales, les yeux levés vers ce nouveau monde brisé,
rougeoyant, immense et hostile.
Devant eux se dressait la Citadelle des Flammes infernales.
Derrière eux, Azeroth semblait déjà loin.
Niismo observa son équipage, encore désorganisé, parfois fatigué, mais bien présent.
Ils n’étaient pas tous arrivés ensemble. Ils n’avaient pas tous suivi le plan.
Certains avaient dormi. D’autres s’étaient perdus.
Quelques-uns demandaient encore où était l’entrée du donjon.
Mais le Pirates FC avait franchi la Porte des Ténèbres.
Et c’était tout ce qui comptait.
Ce soir-là, dans le feu et le chaos de l’Outreterre,
la véritable aventure commença.
Le navire avait quitté les eaux calmes d’Azeroth.
Désormais, les pirates voguaient vers la légende.
Les premiers membres du pirate FC se retrouvant en Outreterre.
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Chapitre 03
Cap sur les premiers butins
De l’Outreterre aux ombres de Karazhan
À peine quelques jours s’étaient écoulés depuis l’ouverture de la
Porte des Ténèbres, et déjà l’équipage du
Pirates FC avait bien changé.
Ceux qui, hier encore, découvraient ce monde brisé les yeux grands ouverts,
savaient maintenant en parcourir les terres hostiles, éviter ses créatures les plus vicieuses,
repérer les chemins dangereux… et surtout courir très vite quand un plan tournait mal.
Mais l’Outreterre réservait encore bien des surprises.
Dans les terres brisées de l’Outreterre, les premiers vrais trésors attendaient les plus téméraires.
Grâce à leurs premières victoires, à leur expérience fraîchement acquise et à une quantité
de pièces d’or qui fit pleurer plus d’un porte-monnaie, certains pirates apprirent même à voler sur le dos de monture volante.
Fini les longues marches à travers les plaines infestées de démons. Désormais, ils sillonnaient
les cieux sur le dos de wyvernes et d’autres montures exotiques, découvrant l'Outreterre depuis les hauteurs.
Pour un équipage né sur les mers, apprendre à dompter le ciel avait quelque chose de grandiose.
Même si, pour certains, l’atterrissage restait encore une notion assez floue.
Après les mers, les pirates découvraient un nouveau territoire à conquérir : le ciel.
Mais cette nouvelle vie ne souriait pas à tout le monde.
Quelques noms disparurent déjà des registres du navire. Certains furent dévorés par les horreurs locales.
D’autres se perdirent dans les terres sauvages. Quelques-uns abandonnèrent simplement, préférant retrouver
la chaleur rassurante d’une taverne plutôt que les flammes infernales d’un monde en ruine.
Niismo le savait depuis le début : tout le monde ne tiendrait pas.
Mais ceux qui restaient devenaient plus solides à chaque bataille.
Peu à peu, les premiers groupes d’élite du Pirates FC commencèrent à se former.
Les pirates les plus aguerris partirent à l’assaut des donjons héroïques disséminés à travers
les différentes régions de ce nouveau monde.
Chaque expédition était une épreuve. Chaque victoire, une preuve de plus que l’équipage
n’était pas seulement une bande de joyeux buveurs.
Ils apprenaient à combattre ensemble.
À faire confiance aux soigneurs.
À ne pas rester dans les flammes.
Enfin… pas tous.
Certains noms commençaient déjà à se démarquer. Des combattants vaillants,
des soigneurs infatigables, des lanceurs de sorts aussi dangereux pour l’ennemi
que parfois inquiétants pour leurs alliés.
Il y avait encore du désordre, bien sûr. Quelques stratégies approximatives.
Quelques pulls involontaires. Quelques “c’est passé, non ?” prononcés après des miracles douteux.
Mais une chose devenait claire : le Pirates FC avait du potentiel.
Dans les donjons héroïques, les pirates apprirent la discipline… ou quelque chose qui y ressemblait.
Et bientôt, l’équipage fut prêt pour une épreuve plus grande.
Il ne s’agissait plus seulement d’explorer, de s’équiper ou de survivre.
Il était temps de viser plus haut. De s’attaquer aux véritables repaires de puissance.
De prouver que les pirates pouvaient faire trembler autre chose que les tavernes.
Leur première grande cible fut un lieu chargé de mystère et de légendes :
Karazhan.
L’ancienne demeure de Medivh.
Une tour immense, oubliée, tordue par la magie, dressée comme une ombre au-dessus
du défilé de Deuillevent. On racontait que ses couloirs changeaient,
que ses salles murmuraient encore les secrets d’un passé maudit, et que ses habitants
n’aimaient pas vraiment les visiteurs.
Autant dire que pour le Pirates FC, cela sonnait presque comme une invitation.
Face à Karazhan, les pirates comprirent que les vrais défis avaient rarement une porte accueillante.
Deux groupes de dix pirates furent formés. Deux équipages d’assaut, prêts à pénétrer
dans la tour et à en ressortir couverts de gloire, de poussière, et si possible de butin épique.
À l’intérieur, Karazhan leur offrit tout ce qu’une vieille tour hantée pouvait promettre :
des serviteurs étranges, des salles inquiétantes, des banquets douteux, des créatures magiques,
des escaliers interminables et assez de dangers pour faire regretter à certains la simplicité
d’une bonne vieille bagarre de taverne.
Mais les pirates avancèrent.
Boss après boss, salle après salle, ils prirent confiance. Les cris de panique se transformèrent
en ordres plus clairs. Les erreurs devinrent des leçons. Les victoires rapprochèrent
les membres de l’équipage.
Et finalement, au sommet de la tour, ils se dressèrent face au
Prince Malchezaar.
Un adversaire redoutable. Un démon arrogant.
Le genre de créature qui parle beaucoup trop avant de mourir.
Le combat fut intense, mais les pirates tinrent bon. Les lames frappèrent,
les sorts fusèrent, les soins sauvèrent plus d’une vie, et après une dernière charge,
le Prince tomba.
Karazhan était vaincue.
Au sommet de la tour, le Pirates FC arracha sa première grande victoire.
Les deux groupes revinrent avec les poches pleines de butins, d’équipements épiques
et d’histoires à raconter. Certaines étaient vraies. D’autres furent immédiatement améliorées
dès le retour à la taverne.
Mais peu importait.
Ce jour-là, quelque chose changea dans l’esprit de l’équipage.
Les membres du Pirates FC comprirent que les trésors de ce nouveau monde
n’étaient pas de simples rumeurs. Ils existaient vraiment. Ils attendaient ceux qui auraient
le courage, la patience et la cohésion nécessaires pour aller les chercher.
Le Pirates FC n’était plus seulement une petite bande d’aventuriers amateurs
lancés dans une grande idée après une soirée trop arrosée.
Ils devenaient un véritable équipage.
Un groupe capable de progresser ensemble, de s’entraider, de se renforcer
et de viser toujours plus haut. Les plus vaillants gagnaient en puissance,
mais surtout, ils trouvaient leur place dans une aventure commune.
Car au fond, le vrai trésor n’était pas seulement dans les coffres de Karazhan.
Il était dans ces combats partagés.
Dans ces soirées de découverte.
Dans ces victoires arrachées ensemble.
Dans cette certitude nouvelle que le Pirates FC pouvait accomplir de grandes choses.
Et si Karazhan venait de tomber… Alors ce n’était que le début.
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Chapitre 04
Il est temps de passer au chose sérieuse
Le repaire de Magtheridon
Le Pirates FC avait changé.
Après les premières expéditions en Outreterre, les donjons héroïques,
les combats dans Karazhan et les premiers vrais butins ramenés au navire,
l’équipage n’était plus seulement une bande d’aventuriers prometteurs.
Ils avaient appris à jouer ensemble.
À se coordonner.
À suivre des consignes.
À tomber, se relever, recommencer…
et parfois même à ne pas blâmer le tank ou le soigneur trop vite.
Les pirates gagnaient en expérience, en équipement, en confiance.
Chaque victoire rendait le pavillon un peu plus fier.
Chaque butin récupéré préparait la suite de l’aventure.
Mais Niismo le savait : s’ils voulaient aller plus loin,
il fallait franchir un nouveau cap.
L’équipage n’était plus une simple bande de pirates. Il devenait une force d’assaut.
Il ne s’agissait plus d’entrer dans une tour hantée à dix pirates,
ni de nettoyer quelques donjons en petit comité.
Cette fois, il fallait réunir une véritable force d’assaut.
Car une menace bien plus grande attendait dans les profondeurs de la
Citadelle des Flammes infernales.
Magtheridon.
Ancien seigneur de l’Outreterre, puissant seigneur des abîmes,
commandant cruel et redouté, il avait régné sur ces terres avant d’être renversé par Illidan.
Même enfermé, même enchaîné, sa puissance restait terrifiante.
« Je suis le Seigneur de l’Outreterre.
Ceux qui contestent mon règne regretteront bientôt leur idiotie ! »
Autant dire qu’il n’avait pas l’air du genre à offrir un petit rhum aux visiteurs.
Pour le vaincre, il ne suffirait pas d’avoir du courage,
de belles armes et quelques flacons dans les sacs.
Il fallait une organisation solide. Une vraie stratégie. Des rôles clairs.
Des pirates capables d’écouter, d’exécuter,
et de ne pas paniquer dès que la moitié du raid se mettait à brûler.
Niismo comprit alors qu’il était temps de déléguer.
Elle resterait la capitaine, celle qui portait le pavillon et donnait la direction.
Mais pour mener l’équipage vers des batailles plus sombres, plus dures et plus exigeantes,
il lui fallait des hommes de confiance.
Deux noms sortirent rapidement du lot.
Avant les grandes batailles, il fallait choisir les bons pirates… et leur expliquer le plan.
Le premier était Envyy.
Druide apprécié de l’équipage, Envyy connaissait les membres du
Pirates FC mieux que personne.
Il savait qui répondait toujours présent, qui progressait vite,
qui aidait les autres sans rien demander, qui méritait sa place…
et qui avait mystérieusement “un empêchement” dès qu’il fallait farmer des consommables.
Niismo lui confia une tâche essentielle : former les groupes d’assaut.
Ce ne serait pas une mince affaire. Chaque semaine, il faudrait choisir les pirates les plus fiables,
les plus investis, les plus solides. Composer un groupe équilibré, gérer les absences,
les envies, les frustrations, les ambitions, et parfois les petits drames de ponton.
Envyy avait un mot d’ordre simple : les plus méritants et les plus préparés
prendraient place dans les missions les plus importantes.
Pas par favoritisme.
Pas au hasard.
Mais pour donner au Pirates FC les meilleures chances de victoire.
Le second nom était Torinkha.
Torinkha avait déjà de la bouteille. Là où certains fonçaient tête baissée en criant
“ça passe”, lui prenait le temps de réfléchir, d’observer, d’expliquer.
Il savait transformer une stratégie compliquée en consignes claires.
Il savait donner les rôles, placer les groupes, calmer les doutes et rappeler,
avec patience, qu’un cube cliqué trop tard pouvait ruiner la soirée de vingt-quatre autres pirates.
Niismo lui confia donc la direction stratégique des grandes batailles.
Le jour J, ce serait sa voix que l’équipage écouterait.
Il brieferait les troupes.
Il annoncerait les phases.
Il rappellerait les assignations.
Et surtout, il ferait de son mieux pour empêcher vingt-cinq pirates excités
de transformer une stratégie propre en joyeux naufrage.
Avec Envyy à la composition et Torinkha à la stratégie,
le Pirates FC venait de passer un cap.
Ce qui ressemblait autrefois à une taverne ambulante devenait une vraie troupe de combat.
Alors le rendez-vous fut donné.
Les pirates sélectionnés par Envyy se retrouvèrent devant le
Repaire de Magtheridon, enfoui sous la
Citadelle des Flammes infernales.
L’air était lourd, brûlant, chargé de magie démoniaque.
Même les plus bavards parlaient un peu moins fort.
Chacun avait préparé son équipement.
Les lames étaient aiguisées.
Les armures gemmées et enchantées.
Les potions rangées.
Les flacons oubliés par certains, évidemment.
Les dernières consignes répétées une énième fois par Torinkha.
Puis les buffs furent posés.
Un silence tomba.
Il était temps pour le Pirates FC de signer l’histoire.
Devant le Repaire de Magtheridon, même les plus bavards baissèrent un peu la voix.
L’assaut fut lancé.
Et très vite, les pirates comprirent que Magtheridon
n’était pas venu pour plaisanter.
Le combat était brutal. Long. Exigeant.
Rien à voir avec les batailles précédentes.
Il fallait de la coordination, du sang-froid, de la précision.
Chaque erreur coûtait cher. Chaque mauvaise réaction pouvait faire basculer le raid.
Et malgré toute la préparation, il faut bien le dire… les pirates goûtèrent surtout au plancher.
Une première fois.
Puis une deuxième.
Puis une troisième.
Les corps s’empilaient, les réparations coûtaient de plus en plus cher,
et certains commençaient à regarder leur équipement avec cette expression bien connue
des aventuriers ruinés.
Au total, il fallut huit wipes.
Huit tentatives. Huit échecs.
Huit retours à l’entrée avec les dents serrées.
Mais à chaque essai, quelque chose progressait.
Les placements devenaient meilleurs. Les réflexes s’affinaient.
Les erreurs se corrigeaient. Même ceux qui doutaient sentaient que le boss faiblissait.
Niismo, elle, en était convaincue.
Ils allaient réussir.
Huit fois, les pirates tombèrent. Huit fois, ils revinrent.
Puis vint la neuvième tentative.
Le combat dura presque dix minutes.
Les pirates tenaient bon, poussés par la fatigue, l’adrénaline et cette rage étrange
qui naît quand un boss a déjà trop longtemps refusé de mourir.
Magtheridon frappait encore. Les flammes dévoraient la salle.
Les soigneurs donnaient tout ce qu’ils avaient. Les derniers points de mana disparaissaient.
Les voix devenaient tendues.
Puis tout bascula.
Un à un, les membres du raid tombèrent.
Les coups du seigneur des abîmes furent trop violents.
Les sorts trop nombreux. Les flammes trop cruelles.
Les soigneurs ne pouvaient plus suivre.
Le raid s’effondra.
Silence.
Magtheridon était encore debout.
Mais il vacillait.
Et c’est là qu’un nouveau nom entra dans la légende du
Pirates FC.
Mélodrom.
Chaman élémentaire de grande classe, Mélo était tombé lui aussi pendant le combat.
Mais dans l’ombre de la mort, il avait vu ce que les autres avaient vu trop tard.
Magtheridon était presque vaincu.
Il ne lui restait qu’un souffle.
Alors, dans un éclair de génie, ou de folie pure,
Mélodrom utilisa son ankh.
La foudre le ramena à la vie.
Autour de lui, les corps de ses compagnons jonchaient le sol.
Dans l’au-delà, le raid entier retenait son souffle.
Plus personne ne parlait. Plus personne ne riait.
Même les plus bavards étaient muets.
Mélo se redressa seul face au seigneur des abîmes.
Alors que tout semblait perdu, Mélodrom se releva dans un éclair.
Magtheridon leva son arme.
Mélodrom lança ses sorts.
Les éclairs frappèrent.
La salle gronda.
Le temps sembla se suspendre.
Et contre toute attente, contre toute logique, contre tous les pronostics
des pirates déjà morts qui regardaient la scène depuis l’autre côté…
Magtheridon tomba.
Le silence dura une seconde.
Puis l’explosion.
Les cris retentirent. Les rires éclatèrent. Les pirates hurlèrent dans tous les sens.
Certains n’y croyaient pas. D’autres juraient avoir toujours su que ça passerait.
Quelques-uns demandèrent immédiatement si “ça comptait quand même”.
Oui.
Ça comptait.
Le Pirates FC venait de vaincre Magtheridon.
Ou, pour être tout à fait honnête… Mélodrom venait de finir le travail.
Mais peu importait.
La victoire était là.
Mélo ressuscita ses compagnons, et l’équipage découvrit enfin les trésors
que le seigneur des abîmes gardait jalousement.
Des butins magnifiques. Des équipements puissants.
Des récompenses dignes des plus grands défis de l’Outreterre.
Ce soir-là, les pirates avaient gagné bien plus que des loots.
Ils avaient prouvé qu’ils pouvaient tomber, recommencer, apprendre, tenir bon,
et arracher une victoire impossible au dernier instant.
Ils avaient signé une page de leur histoire.
Magtheridon était vaincu. Le Pirates FC venait de signer sa première grande page d’histoire.
Et comme tout l’équipage était déjà réuni, déjà chaud,
et probablement trop excité pour aller dormir, une idée s’imposa rapidement.
La bière attendrait.
Il restait un autre repaire à visiter.
Celui de Gruul le Tue-Dragon, maître des ogres d’Outreterre.
Alors les pirates ramassèrent leurs affaires, réparèrent ce qui pouvait encore l’être,
partagèrent les butins, et reprirent la route.
Magtheridon était tombé.
Mais la nuit était loin d’être terminée.
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Chapitre 05
Un travail à terminer
Le repaire de Gruul
Magtheridon n’était plus qu’un souvenir fumant derrière eux.
Dans les sacs des pirates, de beaux butins brillaient encore.
Les armures bien abîmées, les potions presque toutes vides, les flacons entamés,
et certains membres de l’équipage marchaient plus par fierté que par énergie.
Mais l’euphorie était là.
Le Pirates FC venait de vaincre l’un des plus grands dangers de
l’Outreterre. Alors forcément, dans la tête de beaucoup,
plus rien ne semblait impossible.
Niismo observa son équipage. Fatigué, oui.
Un peu trop confiant, sûrement. Mais encore debout.
Et puisqu’ils étaient déjà vingt-cinq, déjà préparés, déjà lancés… il restait un travail à terminer.
Un autre repaire attendait les pirates, bien plus loin,
au cœur des Tranchantes.
Le repaire de Gruul, le Tue-Dragon.
Magtheridon avait fini par céder. Mais la journée n’était pas encore terminée.
Maître brutal des ogres d’Outreterre, Gruul était un colosse ancien, immense et terrifiant.
Mais avant même d’espérer l’affronter,
il fallait passer une première épreuve :
Le Haut Roi Maulgar et son conseil. Une bande d’ogres redoutables, chacun avec sa propre manière de ruiner une soirée.
Les pirates reprirent la route, le moral haut et les sacs encore pleins.
Sur la route, certains riaient encore du combat précédent.
D’autres réécrivaient déjà l’histoire, en oubliant soigneusement le passage où ils regardaient Mélodrom finir le combat depuis le sol.
Mais peu importait. Les pirates avançaient.
Une fois arrivés devant le repaire, l’ambiance était électrique.
Beaucoup découvraient les lieux pour la première fois.
Une caverne immense, brute, écrasante, où chaque pierre semblait avoir été taillée pour rappeler aux visiteurs qu’ils n’étaient pas les bienvenus.
Mais après Magtheridon, certains se sentaient invincibles.
Maulgar ? Une formalité.
Son conseil ? Un échauffement.
Gruul ? Un gros sac de butin avec des jambes.
Torinkha, lui, savait que les choses seraient bien moins simples.
Il reprit une dernière fois les assignations.
Chaque cible. Chaque rôle. Chaque placement.
Il rappela que le combat contre Maulgar demandait une vraie organisation.
Il ne suffisait pas de taper fort. Il fallait tenir sa place, encaisser les coups, survivre.
Et surtout, il fallait un mage prêt à remplir un rôle très particulier.
Ice.
Pour ce combat, Ice devait avoir préparé un équipement spécial,
renforcé en endurance, afin de pouvoir tenir face à l’un des membres du conseil
et renvoyer ses sorts.
Une tâche importante. Presque indispensable.
Torinkha se tourna vers lui.
— Ice, tu as bien préparé ton stuff endurance, comme prévu ?
Ice répondit avec cette confiance dangereuse que seuls certains aventuriers possèdent
juste avant une catastrophe.
— Non, mais t’inquiète, ça va le faire facile.
Un silence passa dans le groupe.
Torinkha cligna des yeux.
Niismo soupira.
Quelqu’un, au fond, murmura :
— Ça sent mauvais.
Parfois, une stratégie s’effondre avant même que le boss soit engagé.
Mais parfois, la théorie ne suffit pas. Il faut laisser le boss l'expliquer lui-même.
Torinkha termina donc ses assignations.
Chacun prit sa place. Les armes furent sorties. Les sorts préparés.
Les derniers buffs lancés.
Puis sa voix résonna dans la caverne.
— Trois…
— Deux…
— Un…
— Go !
Pendant environ trois secondes, tout sembla presque fonctionner.
Puis Ice se fit pulvériser.
Presque aussitôt, Yaya, chargé de tenir Maulgar,
se fit découper sous les coups du roi ogre.
Un autre membre du conseil décida d’aller saluer personnellement les soigneurs.
Les soigneurs paniquèrent. Les dégâts partirent dans tous les sens.
Les pirates coururent, crièrent, moururent, et la stratégie “t’inquiète” montra vite ses limites.
Torinkha cessa presque de combattre un instant,
observant le carnage se dérouler sous ses yeux.
— Les gars… va falloir s’accrocher.
Le conseil de Maulgar rappela brutalement aux pirates que l’excès de confiance coûte cher.
Et effectivement, ce ne fut pas facile.
Les tentatives s’enchaînèrent. Les pirates changèrent d’organisation.
Ils ajustèrent les placements. Ils tentèrent d’aider Ice,
même avec un diablotin accroché sur son dos pour lui offrir un peu plus de robustesse.
Mais rien n’y fit.
Après cinq essais, l’équipage redescendit brutalement sur terre.
Ce serait mentir de dire que tout reposait sur les épaules d’Ice.
Le groupe entier n’était pas encore assez préparé.
La fatigue de Magtheridon pesait lourd. Les erreurs s’accumulaient.
La concentration n’était plus là.
Niismo finit par trancher.
— Raid off.
La décision était sage.
Les pirates avaient déjà assez donné pour la journée.
Cette défaite avait un goût amer, mais elle remettait les idées en place.
Elle rappelait à chacun que les victoires ne suffisaient pas.
Il fallait rester humble, se préparer, écouter les consignes
et respecter chaque adversaire.
Avant de laisser l’équipage retourner se reposer,
Niismo prit une dernière fois la parole.
— Va falloir se réveiller, les gars.
Si on veut se faire respecter, il faut être prêts.
La semaine prochaine, on revient.
Et cette fois, on botte le cul à Maulgar… puis à Gruul.
Le message était clair.
La fête attendrait.
Pendant les jours qui suivirent, les pirates reprirent le travail.
Ils améliorèrent leurs équipements, affinèrent leurs enchantements,
récupérèrent de nouvelles gemmes, préparèrent des consommables,
et retournèrent faire le ménage dans cette bonne vieille tour de
Karazhan.
Le Prince Malchezaar eut droit à sa correction hebdomadaire.
Les coffres se remplirent un peu plus.
Les pirates gagnaient en puissance.
Puis le moment arriva.
De nouveau, l’équipage se tint devant Haut Roi Maulgar.
Mais cette fois, l’ambiance avait changé.
Les visages étaient plus sérieux.
Les assignations mieux comprises.
Les erreurs de la semaine précédente encore fraîches dans les mémoires.
Niismo regarda ses pirates.
— Cette fois, on arrête de se faire marcher dessus.
On leur montre de quel bois se chauffe le Pirates FC.
Le premier essai fut encore imparfait.
Mais le deuxième fut le bon.
Maulgar et son conseil ne tinrent pas face à un équipage enfin prêt.
La caverne résonna des cris de victoire.
Les pirates venaient de franchir la porte qui leur avait résisté quelques jours plus tôt.
Cette fois, ils n’étaient pas venus découvrir les lieux. Ils étaient venus les conquérir.
Cette fois, Maulgar comprit que les pirates avaient appris la leçon.
Il ne restait plus qu’un seul adversaire.
Gruul le Tue-Dragon.
Quand les pirates arrivèrent devant lui, ils parurent minuscules face à sa taille monstrueuse.
Gruul dominait la salle comme une montagne vivante.
Chaque pas faisait trembler la pierre.
Chaque grognement rappelait qu’il n’avait pas volé son titre.
Mais l’équipage était lancé.
Plus question de reculer.
Plus question de douter.
Les pirates voulaient prouver que le Pirates FC
faisait désormais partie de la cour des grands.
Le combat commença.
Et contre toute attente, dans une maîtrise presque insolente…
Gruul, la montagne vivante, plia dès le premier assaut.
Face à Gruul, les pirates tinrent bon. Et même la montagne dut plier.
Le silence dura un instant, comme si personne n’était certain d’avoir bien compris.
Puis la joie explosa.
Le repaire de Gruul appartenait désormais aux pirates.
Maulgar, son conseil, puis Gruul lui-même :
tout avait été expédié en moins de temps qu’il n’en fallait à certains pour retrouver leur chemin dans Karazhan.
Les pirates fouillèrent les trésors du colosse avec des étoiles dans les yeux.
On racontait qu’un bijou légendaire pouvait récompenser les plus chanceux.
Un trésor si convoité que certains en parlaient à voix basse,
comme d’un mythe ancien.
Le fameux DST.
Mais ce soir-là — spoil : comme les fois suivantes — personne ne le vit.
À croire que Gruul l’avait seulement inventé pour attirer les aventuriers dans sa grotte.
Pourtant, la soirée n’était pas terminée.
Avant d’aller festoyer, une idée traversa l’équipage.
Et si la victoire contre Magtheridon n’avait été qu’un coup de chance ?
Après tout, la première fois, Mélodrom avait dû terminer le travail
dans une scène plus proche de la légende que de la stratégie prévue.
Alors, pour en avoir le cœur net, les pirates reprirent la route.
Direction : le Repaire de Magtheridon.
Cette fois, il n’y eut pas neuf essais.
Pas de miracle de dernière seconde.
Pas de raid entier allongé au sol à regarder un chaman sauver l’honneur.
Cette fois, le Pirates FC brilla.
Magtheridon n’eut même pas le temps de faire durer le suspense.
Le Pirates FC confirme sa victoire face au seigneur des abîmes.
En une seule soirée, l’équipage avait enchaîné les plus grands dangers d’Outreterre :
Maulgar, Gruul, puis Magtheridon.
Le tout en à peine une heure et demie.
Les pirates n’étaient pas peu fiers.
Et franchement, ils avaient raison.
Désormais, plus aucun ennemi ne semblait assez solide pour leur barrer la route.
Les semaines suivantes prirent presque la forme d’une routine glorieuse :
Karazhan, Gruul, Magtheridon.
Encore et encore.
Les sorties forgeaient l’expérience. Les butins renforçaient la puissance.
Les meilleures pièces d’équipement, les enchantements les plus solides
et les gemmes les plus précieuses venaient peu à peu transformer le
Pirates FC en équipage de raid redouté.
Le navire était lancé.
Le pavillon inspirait le respect.
Les pirates avaient mérité leur fête.
Les chopes furent levées. Mais une question restait dans toutes les têtes : le DST existait-il vraiment ?
Alors ce soir-là, enfin, les chopes furent levées.
On chanta, on rit, on raconta les exploits de la soirée, en les exagérant juste assez pour qu’ils deviennent dignes d’une légende.
Mais au fond de la taverne, une question continuait de hanter l’équipage.
Le DST existait-il vraiment ?
Gruul avait-il inventé cette histoire uniquement pour attirer des aventuriers dans sa caverne ?
Pour l’instant, son existence reste une légende.
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Chapitre 06
L'appel des profondeurs
Restructuration de l'équipage
Après Karazhan, après Gruul, après Magtheridon,
beaucoup auraient pu croire que le plus dur était derrière eux.
Le Pirates FC avait prouvé qu'il n'était plus seulement une bande de forbans
portée par l'envie, le rhum et quelques bons coups de hache.
L'équipage avait grandi. Il avait appris. Il avait encaissé les défaites,
partagé les butins, relevé les morts, et repris la mer encore et encore.
Mais l'Outreterre ne laisse jamais longtemps ses vainqueurs savourer leur repos.
Très vite, de nouvelles rumeurs commencèrent à circuler.
Des murmures venus des profondeurs. Des eaux troubles du
Réservoir de Glissecroc. Des voix noyées sous le
Marécage de Zangar, parlant de serviteurs nagas,
d'anciens pouvoirs, et d'une reine qui observait le monde depuis son sanctuaire englouti.
Dans le même temps, plus loin, au cœur du Raz-de-Néant,
les éclairs du ciel se tordaient autour d'une forteresse impossible :
le Donjon de la Tempête.
Un vaisseau ancien, arraché aux étoiles, désormais occupé par les forces de
Kael'thas et de ses fidèles.
Deux menaces. Deux fronts. Deux appels différents.
L'un venait des abysses.
L'autre tombait du ciel.
Et au milieu de tout cela, une évidence s'imposa :
le Pirates FC ne pouvait plus avancer comme avant.
Les combats à venir ne pardonneraient ni l'improvisation, ni les hésitations,
ni les équipages mal préparés. Les ennemis seraient plus dangereux,
les stratégies plus exigeantes, les erreurs plus coûteuses.
Mais les récompenses, elles aussi, seraient à la hauteur.
Des armes plus puissantes, des armures plus solides, des trésors capables
de transformer de simples pirates en véritables légendes de l'Outreterre.
Alors, sous la bannière de la Flotte noire,
les trente meilleurs membres du Pirates FC furent rassemblés.
Non plus comme une simple liste de noms jetés sur un parchemin,
mais comme une force organisée.
Des escouades furent formées.
Des rôles furent gravés.
Des capitaines d'ombre, des remparts vivants, des soigneurs inflexibles
et des frappeurs silencieux prirent leur place.
Le Kraken, le Léviathan, la Sirène,
le Mosasaure, le Scylla et le Maelstrom
ne furent pas de simples noms.
Ils devinrent des symboles.
Chaque escouade reçut son identité.
Sa mission.
Son serment.
Car une nouvelle page de l'histoire du Pirates FC allait s'écrire.
Une page plus sombre, plus profonde, plus dangereuse.
Et tandis que le vent se levait sur les voiles noires,
une voix semblait monter depuis les eaux lointaines :
"Venez… Les profondeurs vous attendent."
Explorer les notes du capitaine
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Chapitre 06
La Flotte noire
Le roster de la Phase 2
Avant de reprendre la mer, il fallut compter les vivants,
choisir les plus déterminés, et organiser ceux qui porteraient
la bannière du Pirates FC dans les combats à venir.
Vingt-cinq pirates formeraient le cœur de la flotte.
Cinq autres resteraient prêts à rejoindre le pont à tout instant,
car dans les profondeurs comme dans le Néant, nul ne pouvait garantir
que tous reviendraient indemnes.
La Flotte noire venait de naître.
La Flotte noire prend forme : vingt-cinq pirates organisés en escouades, prêts à affronter les nouvelles menaces de l’Outreterre.
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Chapitre 06
L'ordre de l'Amiral suprême
Suite des aventures
L'ordre tomba sans éclat, sans cérémonie.
Pas de grand discours sur le pont, pas de chope levée vers les étoiles.
Seulement un parchemin scellé, posé sur la table du capitaine.
Le message était clair :
l'Outreterre n'avait pas encore livré tous ses secrets,
et les mers du Réservoir de Glissecroc appelaient déjà
ceux qui avaient survécu à Karazhan, Gruul et Magtheridon.
Il ne s'agissait plus seulement de vaincre.
Il fallait tenir.
S'organiser.
S'adapter.
Car cette fois, l'ennemi ne se contenterait pas d'attendre dans une salle.
Il viendrait des profondeurs, du ciel, des ombres et du chaos.
L’ordre de l’Amiral suprême marque le début d’une nouvelle traversée : SSC et le Donjon de la Tempête attendent désormais le Pirates FC.
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Escouade 01
Kraken
Cinq âmes, une volonté, une légende
Le Kraken ne charge pas tête baissée.
Il observe, attend, puis frappe avec une précision froide.
Là où d'autres cherchent le duel, l'escouade Kraken transforme
le champ de bataille en piège. Chaque tir, chaque sort, chaque mouvement
semble préparer l'instant où l'ennemi comprend qu'il est déjà trop tard.
On ne voit pas toujours venir le Kraken.
Mais quand il agit, il ne reste derrière lui qu'un silence lourd,
des ruines fumantes, et une certitude :
la bataille était terminée avant même d'avoir commencé.
L’Escouade Kraken agit dans l’ombre, frappe sans prévenir, et ne laisse derrière elle qu’un silence lourd de défaite.
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Serment 01
Le serment du Kraken
Nous ne marchons pas vers la guerre. Nous la terminons.
Le serment du Kraken n'est pas un cri de guerre.
C'est une promesse murmurée avant la première salve.
Ses membres ne cherchent ni la gloire, ni les regards.
Ils acceptent une vérité plus froide :
parfois, la meilleure victoire est celle que l'ennemi n'a jamais le temps de comprendre.
Le serment du Kraken : ne pas chercher la gloire, mais terminer la guerre avant même que l’ennemi ne comprenne qu’elle a commencé.
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Escouade 02
Léviathan
Nous sommes la tempête. Nous sommes le destin.
Le Léviathan est l'escouade du contrôle absolu.
Elle ne combat pas dans le désordre : elle lit la bataille,
déplace ses lignes, anticipe les failles et referme les pièges.
Chaque membre agit comme le prolongement d'une seule volonté.
Là où d'autres voient une mêlée confuse, le Léviathan voit un échiquier.
Et lorsqu'il avance avec le Kraken à ses côtés,
le combat cesse d'être une guerre.
Il devient un mécanisme.
L’Escouade Léviathan avance comme une seule volonté, guidant le combat avec calme, précision et domination.
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Serment 02
Le serment du Léviathan
Le combat n'existe que parce que nous le permettons.
Le Léviathan ne suit pas le courant.
Il le trace.
Son serment repose sur une discipline rare :
ne jamais subir le rythme de l'ennemi,
ne jamais laisser le hasard décider de l'issue,
ne jamais permettre au chaos de devenir maître du combat.
Le serment du Léviathan : contrôler le champ de bataille, imposer le rythme, et ne jamais laisser le chaos décider.
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Escouade 03
Sirène
Là où la foi s'enracine, la lumière triomphe des ténèbres
La Sirène ne cherche pas à briller.
Elle maintient la flotte debout quand tout devrait s'effondrer.
Dans le vacarme des combats, ses membres deviennent un souffle calme,
une présence stable, une main tendue au bord du naufrage.
Là où les lignes cèdent, ils les reforment.
Là où la peur gagne, ils rallument la flamme.
Tant que la Sirène tient, rien ne tombe vraiment.
L’Escouade Sirène veille sur la flotte, maintenant debout ceux qui auraient dû tomber et rallumant la lumière au cœur du chaos.
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Serment 03
Le serment de la Sirène
Tant que nous sommes là, rien ne tombe.
Le serment de la Sirène n'est pas celui des conquérants.
C'est celui de ceux qui restent quand les autres vacillent.
Ils ne cherchent pas à voler la gloire.
Ils assurent la continuité.
Ils tiennent les lignes, les corps, les esprits.
Et parfois, c'est exactement cela qui transforme une défaite annoncée en victoire.
Le serment de la Sirène : là où les forces déclinent, elle stabilise, soigne et empêche l’équipage de sombrer.
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Escouade 04
Mosasaure
Que le sang coule, que les os craquent, que la victoire soit notre seule loi
Le Mosasaure est l'escouade de la rupture.
Elle ne cherche pas l'usure, elle cherche la faille.
Quand une défense tremble, le Mosasaure s'y engouffre.
Quand une ligne hésite, il la brise.
Quand le combat s'étire, il l'écourte brutalement.
Leur force n'est pas seulement dans leur violence,
mais dans leur capacité à frapper au moment exact où l'ennemi
ne peut plus reculer.
L’Escouade Mosasaure ne cherche pas à durer : elle trouve la faille, s’y engouffre, et transforme chaque faiblesse en rupture.
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Serment 04
Le serment du Mosasaure
Là où une faille apparaît, nous devenons la fin.
Le Mosasaure ne teste pas la résistance.
Il la brise.
Son serment est celui d'une escouade qui refuse les combats interminables.
Chaque action doit ouvrir une brèche.
Chaque brèche doit devenir une chute.
Chaque chute doit rapprocher la flotte de la victoire.
Le serment du Mosasaure : ne pas tester la résistance ennemie, mais la briser avant qu’elle ne puisse se reformer.
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Escouade 05
Scylla
Cinq guerriers, une seule traque, aucune pitié
Le Scylla est le mur que l'ennemi ne devait jamais rencontrer.
Ses membres encaissent, absorbent, détournent et refusent de céder.
Ils ne tiennent pas la ligne parce que c'est facile.
Ils la tiennent parce que derrière eux, il y a l'équipage.
Tant que Scylla reste debout, la flotte possède un point d'ancrage.
Et sans ce point d'ancrage, aucune victoire ne peut durer.
L’Escouade Scylla devient le mur de la flotte, encaissant l’impossible pour que le reste de l’équipage puisse avancer.
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Serment 05
Le serment de Scylla
Si nous devons tomber, alors le monde tombera avec nous.
Le serment de Scylla est simple :
ne pas reculer.
Pas par orgueil, pas par inconscience,
mais parce qu'une flotte sans rempart devient une proie.
Scylla accepte d'être la première cible,
pour que les autres puissent continuer à avancer.
Le serment de Scylla : ne jamais reculer, ne jamais céder, et faire de chaque pirate un rempart vivant.
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Escouade 06
Maelstrom
Vos arrières seront gardés, il n'y a aucune issue
Le Maelstrom n'est pas envoyé lorsque tout va bien.
Il apparaît lorsque la situation devient critique.
Dans l'ombre du navire, loin des regards et des chants victorieux,
ses membres gardent les arrières, protègent les lignes,
referment les brèches et empêchent le pire d'atteindre le cœur de la flotte.
Ils ne promettent pas la survie.
Ils promettent que l'ennemi paiera chaque pas.
L’Escouade Maelstrom garde les arrières de la Flotte noire, là où les ombres s’approchent et où la retraite n’existe plus.
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Serment 06
Le serment du Maelstrom
L'abîme ne dort jamais. Et nous non plus.
Le Maelstrom ne cherche pas la lumière.
Il veille là où les autres ne regardent pas.
Son serment est celui des derniers remparts,
de ceux que l'on appelle quand la mer se referme,
quand la retraite n'existe plus,
et quand la seule réponse possible est de tenir.
Le serment du Maelstrom : rester dans l’ombre, protéger le navire, et rappeler à l’abîme qu’il n’aura pas le dernier mot.
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Chapitre 07
Dans les eaux ennemies
Caverne du sanctuaire du Serpent
Depuis plusieurs semaines, le Pirates FC écumait l’Outreterre avec une régularité presque inquiétante.
Karazhan, Magtheridon, Gruul...
les noms qui faisaient autrefois trembler les tavernes étaient devenus des rendez-vous familiers pour l’équipage.
Les pirates s’étaient renforcés. Les armures brillaient davantage, les armes frappaient plus fort,
et certains commençaient même à comprendre qu’un enchantement n’était pas une décoration facultative.
Mais une nouvelle menace attendait.
Loin des terres brûlées et des cavernes ogres, au fond des eaux troubles du marécage de Zangar,
se dressait un repaire immense, humide et hostile.
La Caverne du sanctuaire du Serpent.
Un lieu englouti, gouverné par des forces anciennes, des nagas, des créatures marines,
et surtout par une adversaire que beaucoup considéraient déjà comme l’un des plus grands défis de cette époque :
Dame Vashj.
Pour des pirates, partir dans les eaux ennemies avait quelque chose de naturel.
Mais cette fois, il ne suffisait pas de savoir tenir une barre ou éviter une vague.
Il allait falloir préparer l’équipage comme jamais.
Pour la première fois, les pirates ne partaient pas seulement en raid. Ils plongeaient dans les eaux ennemies.
Avant même de poser un pied dans le sanctuaire, le vrai combat avait déjà commencé.
Les ordres furent donnés, les listes préparées, les besoins annoncés.
Il fallait rassembler des composants, crafter des pièces spécifiques, renforcer les tanks,
préparer les résistances, vérifier les consommables, organiser les groupes.
Bref, il fallait faire ce que tout pirate redoute le plus :
De l’administratif.
Pour le combat contre Hydross l’Instable, les tanks devaient être prêts à encaisser
la puissance de la nature et du givre. Pas question d’arriver avec une armure brillante
et un grand sourire en espérant que “ça passe”.
Chaque pièce de résistance comptait. Chaque composant pouvait faire la différence
entre une belle entrée dans le sanctuaire et une mort humide au bout de trente secondes.
Alors tout l’équipage mit la main à la pâte.
Certains farmèrent les composants. D’autres aidèrent aux crafts.
Les plus riches sortirent quelques pièces d’or avec une larme discrète.
Les plus pauvres promirent de rembourser “bientôt”, ce qui dans le langage pirate veut souvent dire “un jour peut-être”.
Mais l’effort était collectif.
Et ce n’était pas tout.
Pour Leotheras l’Aveugle, un autre défi attendait l’équipage.
Son ombre devait être tenue par un démoniste suffisamment préparé pour survivre à une violence que peu auraient accepté d’encaisser volontairement.
Ce rôle tomba sur Talsad.
Pendant que certains peaufinaient leurs gemmes ou négociaient encore le prix des potions,
Talsad rassembla patiemment un équipement de résistance au feu.
Pièce après pièce, enchantement après enchantement, il se prépara à devenir un mur vivant face à l’ombre de Leotheras.
Un démoniste en stuff résistance, prêt à tanker une abomination démoniaque.
Même pour le Pirates FC, ça avait une certaine classe.
Avant les grands exploits, il y eut les crafts, les compos, les résistances… et quelques bourses vidées dans la douleur.
Le soir venu, les pirates se rassemblèrent enfin devant l’entrée du sanctuaire.
L’air était lourd, chargé d’humidité et de magie. Les parois luisaient d’une lumière étrange.
L’eau clapotait dans les profondeurs, comme si la caverne elle-même attendait de voir
combien d’entre eux ressortiraient vivants.
Niismo observa son équipage.
Les visages étaient concentrés. Les sacs remplis de consommables.
Les assignations répétées une dernière fois.
Les tanks résistances prêts à prendre cher pour le bien commun.
Et comme toujours, quelque part dans le groupe, quelqu’un demanda :
— On commence par quoi déjà ?
La réponse ne tarda pas.
Hydross l’Instable.
Le premier gardien du sanctuaire attendait les pirates dans une salle baignée d’eau et d’énergie élémentaire.
Un être changeant, dangereux, capable de passer du givre à la nature, forçant les tanks
à se relayer avec précision.
Sur le papier, tout était prêt.
En pratique, il fallut un premier rappel assez brutal.
Le combat s’engagea, les phases s’enchaînèrent, les déplacements commencèrent…
puis quelque chose dérapa.
Une transition trop sale. Une reprise un peu trop nerveuse. Quelques pirates mal placés.
Et Hydross transforma rapidement la salle en leçon collective.
Premier wipe.
Les pirates se relevèrent, trempés, vexés, mais pas abattus.
Torinkha reprit calmement les consignes.
Les tanks ajustèrent leurs placements. Les soigneurs respirèrent un grand coup.
Les dégâts promirent, avec plus ou moins de sincérité, de surveiller leur menace.
Au deuxième assaut, tout fut plus propre.
Les transitions furent mieux tenues. Les résistances firent leur travail.
Les soigneurs gardèrent le raid debout.
Et Hydross finit par s’effondrer.
Le premier verrou du sanctuaire venait de céder.
Après Hydross, les pirates s’enfoncèrent davantage dans la caverne.
Leur prochaine cible avait un nom qui faisait sourire certains membres de l’équipage :
Le Rôdeur d’En-Bas.
Un monstre énorme, tapi dans les eaux du sanctuaire, prêt à surgir pour dévorer
les imprudents qui osaient troubler son domaine.
À l’entrée de la salle, tout annonçait un grand moment de tension.
Des plateformes humides. De l’eau sombre. Une créature gigantesque.
Des pirates qui n’avaient pas spécialement envie de finir dans l’estomac d’un poisson mutant.
Et pourtant...
Le combat fut une formalité.
Le Rôdeur jaillit des profondeurs, rugit, agita ses petits bras, tenta d’impressionner l’équipage…
puis se fit renvoyer au fond aussi vite qu’il était apparu.
One shot.
Les pirates se regardèrent presque surpris.
— C’était lui, le fameux gros poisson ?
Pour un équipage pirate, il faut croire que gérer une créature sortie de l’eau faisait partie du métier.
Le Rôdeur surgit des profondeurs. Les pirates répondirent comme à leur habitude : en tapant plus fort.
Mais le sanctuaire n’avait pas dit son dernier mot.
Le prochain adversaire allait demander une tout autre discipline.
Leotheras l’Aveugle.
Un elfe brisé, instable, partagé entre sa rage et une ombre démoniaque capable de semer le chaos
si elle n’était pas tenue correctement.
Cette fois, tous les regards se tournèrent vers Talsad.
Son équipement de résistance au feu était prêt.
Son rôle était clair.
Quand l’ombre apparaîtrait, il devrait l’encaisser, la tenir, et surtout ne pas mourir trop vite.
Facile à dire.
Le premier essai rappela que Leotheras n’était pas un simple obstacle sur la route.
Les tourbillons surprirent les moins attentifs, l’ombre mit la pression, et le raid finit par tomber.
Le deuxième essai fut meilleur, mais encore insuffisant.
Les pirates tenaient plus longtemps. Talsad faisait le travail.
Mais le combat restait nerveux, exigeant, dangereux.
Au troisième essai, quelque chose se mit enfin en place.
Les déplacements furent plus propres. L’ombre fut contrôlée.
Les soigneurs gardèrent leur calme, ou firent au moins semblant.
Les pirates frappèrent sans relâche.
Et Leotheras tomba.
Talsad venait de gagner sa place dans les récits du navire.
Car ce soir-là, il n’avait pas seulement lancé des sorts depuis le fond de la salle.
Il avait tenu tête à l’ombre.
Face à l’ombre de Leotheras, Talsad prouva qu’un démoniste bien préparé pouvait aussi tenir la ligne.
Le sanctuaire commençait à trembler sous les bottes du Pirates FC.
Mais deux autres gardiens barraient encore la route vers Dame Vashj.
D’abord, le Seigneur des fonds Karathress.
Entouré de ses lieutenants, il attendait l’équipage dans une salle où chaque adversaire
semblait avoir sa propre manière de compliquer la vie des soigneurs.
Le combat demanda de la rigueur. Plusieurs cibles, plusieurs menaces, plusieurs priorités.
Le genre de bataille où chacun devait faire son travail sans décider soudainement
d’improviser une stratégie personnelle.
Les deux premiers essais furent douloureux.
Quelques placements approximatifs, des morts évitables, des ajustements nécessaires.
Les pirates encaissèrent, apprirent, recommencèrent.
Puis, au troisième essai, la mécanique se mit en marche.
Les lieutenants tombèrent les uns après les autres.
Karathress se retrouva seul face à l’équipage.
Et quand il comprit que les pirates ne reculeraient pas, il était déjà trop tard.
Karathress fut vaincu.
Il ne restait alors qu’un dernier obstacle avant la maîtresse des lieux.
Morogrim Marcheur-des-Flots.
Un géant massif, brutal, capable de faire trembler la caverne et d’envoyer valser les pirates
comme de simples tonneaux mal arrimés.
Le premier essai fut chaotique.
Entre les vagues, les tombes d’eau, les murlocs et la fatigue qui commençait à s’installer,
l’équipage se fit surprendre.
Mais les pirates avaient appris à ne pas laisser un wipe décider de la soirée.
Au deuxième essai, ils resserrèrent les rangs.
Niismo tint bon. Les soigneurs donnèrent tout.
Les dégâts nettoyèrent ce qui devait l’être.
Et Morogrim finit par tomber à son tour.
Le chemin vers Dame Vashj était ouvert.
Karathress et Morogrim tombèrent. Au fond du sanctuaire, Dame Vashj attendait encore.
La soirée était déjà bien avancée.
Trop avancée, probablement.
Les pirates avaient enchaîné les combats, les wipes, les victoires, les réparations,
les rebuffs, les explications, les “dernier try” qui n’étaient jamais vraiment les derniers.
L'équipage repoussa cette dernière grande bataille au lendemain, afin de l'affronter l'esprit clair et le corps reposé, car elle ne leur ferait aucun cadeau.
Une cible immense. Mythique. Redoutée.
Elle était là.
Dame Vashj.
Au cœur de la caverne, la souveraine naga attendait les pirates.
Fière, dangereuse, entourée d’éclairs et d’eaux sombres,
elle dominait son domaine avec une assurance glaciale.
Ce n’était plus un simple combat.
C’était une épreuve de coordination totale.
Il fallait gérer les positions, les vagues d’ennemis, les noyaux, les déplacements,
les contrôles, les dégâts, les soins, et surtout garder assez de lucidité pour ne pas transformer
le combat en un joyeux bordel.
Les pirates prirent place.
Torinkha donna les dernières consignes.
Niismo passa une dernière fois les rangs en revue.
Puis l’assaut fut lancé.
Le premier essai fut rude.
Le deuxième aussi.
Puis le troisième.
Le quatrième.
Le cinquième.
Le sixième.
Six wipes.
Six fois, Vashj repoussa les pirates.
Six fois, la plateforme se transforma en chaos.
Six fois, l’équipage dut se relever, réparer, rebuff, reprendre son souffle
et écouter une nouvelle fois les ajustements.
La fatigue pesait lourd. Les voix devenaient plus calmes.
Les blagues se faisaient plus rares.
Même les pirates les plus bavards commençaient à économiser leur salive.
Mais personne ne voulait abandonner.
Pas maintenant.
Pas devant elle.
Pas alors que tout le sanctuaire était déjà derrière eux.
Au septième assaut, quelque chose changea.
Les noyaux circulèrent mieux.
Les adds furent mieux contrôlés.
Les placements furent plus propres.
Les soigneurs tinrent bon malgré la pression.
Les derniers pourcentages descendirent lentement, beaucoup trop lentement.
Puis Dame Vashj vacilla.
Les pirates frappèrent encore.
Une dernière salve.
Un dernier cri.
Et Vashj tomba.
Après six échecs et une dernière tentative héroïque, Dame Vashj tomba devant le pavillon du Pirates FC.
Le silence dura une seconde.
Puis le sanctuaire explosa de cris.
Les pirates venaient de nettoyer la Caverne du sanctuaire du Serpent.
Hydross, le Rôdeur, Leotheras, Karathress, Morogrim, Vashj.
Tous étaient tombés.
Les sacs se remplirent de nouveaux trésors.
Les regards brillèrent devant les butins.
Les plus fatigués retrouvèrent soudain assez d’énergie pour discuter des attributions.
Niismo pouvait être fière.
Ce soir-là, l’équipage avait prouvé qu’il pouvait préparer, encaisser, apprendre,
s’adapter, et tenir jusqu’au bout d’une soirée bien trop longue.
Le Pirates FC n’était plus seulement un équipage qui progressait.
C’était une guilde capable de clean SSC.
Et normalement, après un tel exploit, n’importe quel groupe raisonnable aurait levé les voiles
vers la taverne la plus proche.
Mais les pirates n’étaient pas connus pour leur sens de la mesure.
Quelqu’un regarda l’heure.
Quelqu’un d’autre regarda le raid.
Puis une idée, parfaitement déraisonnable, traversa l’équipage.
— On a peut-être le temps d’aller voir le début de KT ?
Et comme personne n’eut la sagesse de dire non assez fort,
les pirates reprirent la route.
Direction le Donjon de la Tempête.
Là-bas, un nouveau monde les attendait.
Plus lumineux, plus étrange, suspendu dans les airs,
loin des eaux sombres du sanctuaire.
À peine arrivés, les pirates découvrirent leur prochaine cible :
Al’ar.
Un phénix majestueux, flamboyant, rapide, bien décidé à rappeler aux pirates
que quitter l’eau pour le ciel ne rendait pas les choses plus simples.
Les deux premiers essais furent hésitants.
Le raid découvrait les lieux, les déplacements, les plateformes,
et cette sensation très désagréable de ne pas toujours savoir où regarder.
Mais malgré la fatigue de SSC, malgré l’heure tardive, malgré les cerveaux déjà à moitié couchés,
le Pirates FC trouva encore la force de s’adapter.
Au troisième essai, Al’ar tomba.
Les pirates venaient à peine de terminer le sanctuaire qu’ils avaient déjà commencé à graver
leur nom dans le Donjon de la Tempête.
Cette fois, pourtant, même les plus acharnés durent l’admettre :
Il était temps de dormir.
Les armes furent rangées. Les loots distribués. Les dernières blagues lancées d’une voix fatiguée.
Niismo laissa son regard glisser sur l’équipage, usé mais victorieux.
— Bonne nuit les pirates. Reposez-vous bien.
Dans cinq jours, on revient… et cette fois, on s’occupe vraiment de KT.
La nuit s’acheva enfin.
Dans les eaux ennemies, le Pirates FC venait de signer l’un de ses plus grands exploits.
Mais au loin, dans les hauteurs du Donjon de la Tempête,
une nouvelle bataille attendait déjà.
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Chapitre 08
À l’assaut des cieux
Le Donjon de la Tempête
Après leur victoire dans la Caverne du sanctuaire du Serpent,
les pirates auraient pu prendre quelques jours pour souffler.
Mais le Pirates FC avait encore cette mauvaise habitude :
quand une porte venait de tomber, il fallait immédiatement regarder ce qu’il y avait derrière la suivante.
Avant de viser plus haut, l’équipage retourna une nouvelle fois dans les profondeurs de SSC.
Non pas pour découvrir, cette fois, mais pour confirmer.
Les stratégies étaient mieux connues. Les assignations plus claires.
Les tanks savaient où se placer. Les soigneurs savaient quand serrer les dents.
Les dégâts savaient, en théorie, quand lever le pied.
Et cette fois, le sanctuaire fut nettoyé en une seule soirée.
SSC était validé.
Une preuve de plus que la victoire contre Dame Vashj n’était pas un coup de chance,
ni une folie arrachée au bout de la nuit.
Les pirates avaient compris les eaux ennemies.
Il était maintenant temps de quitter les profondeurs.
Et de lever les yeux vers le ciel.
Le Donjon de la Tempête attendait.
Après avoir dompté les eaux de SSC, les pirates tournèrent leur regard vers les cieux.
Trois jours plus tard, remis de leurs efforts, réparés, enchantés, gemmés,
et pour certains enfin réveillés, les membres de l’équipage se rassemblèrent pour une nouvelle expédition.
Cette fois, la mer était loin derrière eux.
Le Donjon de la Tempête flottait au-dessus de Raz-de-Néant,
immense forteresse de cristal, de lumière et de magie arcanique.
Rien à voir avec les cavernes humides de SSC.
Ici, tout brillait. Tout résonnait. Tout semblait trop propre pour une bande de pirates.
Autant dire que l’équipage n’avait qu’une envie :
Laisser ses bottes sales sur le sol sacré des elfes de sang.
Au cœur de ce donjon suspendu les attendait une cible majeure :
Kael’thas Haut-Soleil.
Prince déchu, maître de puissances instables, entouré de lieutenants redoutables
et d’armes légendaires, il représentait l’un des plus grands défis de cette phase de l’aventure.
Mais avant d’arriver jusqu’à lui, plusieurs gardiens se dressaient encore sur la route.
Et le premier d’entre eux, les pirates le connaissaient déjà.
Al’ar.
Lors de leur première visite, après le clean de SSC, les pirates avaient déjà fait tomber le phénix.
Mais cette fois, il fallait recommencer proprement.
Pas question de se dire que tout était acquis.
Pas question non plus de sous-estimer une créature capable de renaître dans les flammes
juste pour ruiner la soirée des gens honnêtes.
Le combat commença.
Les deux premiers essais rappelèrent que la théorie et la pratique ne s’accordent pas toujours.
Torinkha ajusta les placements. Niismo rappela que tomber dans le vide
n’était toujours pas une mécanique obligatoire. Le phénix, lui, continuait de trouver ça hilarant.
Au troisième envol, tout se mit enfin en place.
Les plateformes ne surprirent plus personne, les flammes furent évitées avec aisance,
et le phénix se débattit sans plus jamais reprendre l’avantage.
Al’ar retomba, cette fois pour de bon.
Le chemin vers le reste de la forteresse était grand ouvert.
Al’ar tenta de brûler les pirates dans toute sa majesté. Au troisième assaut, le phénix finit par tomber.
La suite fut bien plus directe.
Les pirates arrivèrent devant une machine gigantesque, massive, arcanique,
conçue pour écraser tout ce qui osait se tenir devant elle.
Le Saccageur du Vide.
Vu de loin, la créature avait de quoi impressionner.
Une immense construction magique, des coups terribles, une présence écrasante,
et suffisamment d’énergie arcanique pour faire regretter à n’importe qui
de s’être approché trop près.
Mais après les profondeurs de SSC, après Dame Vashj, après les soirées à enchaîner les wipes,
le Pirates FC avait gagné en assurance.
Le combat fut lancé.
Les pirates tinrent bon, encaissant chaque choc sans reculer d’un pas,
jusqu’à ce que la créature cède sous le poids de leurs coups.
Et le Saccageur du Vide tomba au premier essai.
Une formalité.
À peine le temps de ramasser les pièces, de vérifier les butins,
et l’équipage se remettait déjà en marche.
La prochaine cible attendait parmi les étoiles.
La Grande Astromancienne Solarian.
Une magicienne redoutable, entourée d’éclats arcaniques, prête à punir les pirates qui confondaient confiance et insouciance.
Mais là encore, les pirates ne se laissèrent pas impressionner.
Les consignes furent données.
Les groupes se placèrent.
Les sorts fusèrent.
Solarian tenta d’imposer son rythme.
Le Pirates FC imposa le sien.
Elle tomba au premier essai.
Deux boss. Deux one shots.
À force de voir les boss tomber si vite, l’équipage se demanda si quelqu’un avait réellement prévenu la forteresse de leur arrivée.
Le Saccageur du Vide et Solarian tombèrent sans ralentir la marche des pirates.
Mais au bout du chemin, un tout autre adversaire attendait.
Les pirates pénétrèrent dans la salle de Kael’thas Haut-Soleil.
L’endroit respirait l’arrogance, la magie, le pouvoir et les mauvaises surprises.
Face à eux, le prince se tenait avec toute la noblesse d’un homme persuadé
que personne dans cette salle n’était digne de lui adresser la parole.
Autour de lui, ses conseillers attendaient.
Plus loin, des armes légendaires semblaient prêtes à s’animer.
Torinkha prit le temps d’expliquer.
Les phases. Les placements. Les priorités. Les armes. Les contrôles.
Les moments où il fallait courir, ceux où il fallait taper,
et ceux où il fallait simplement ne pas paniquer.
Autant dire qu’il y avait beaucoup de moments où il ne fallait pas paniquer.
Le premier pull fut lancé.
Et Kael’thas rappela immédiatement aux pirates qu’il n’était pas là pour offrir une visite guidée.
Premier wipe.
Puis un deuxième.
Puis un troisième.
Les phases s’enchaînaient, mais rarement jusqu’au bout.
Les armes semaient le chaos.
Les conseillers punissaient chaque erreur.
Les placements demandaient une précision que la fatigue commençait à grignoter.
Quatrième wipe.
Puis cinquième.
Le raid progressait, pourtant.
Chaque essai allait un peu plus loin.
Chaque erreur devenait une consigne de plus.
Chaque mort stupide devenait, officiellement, “une information utile pour la suite”.
Mais le prince résistait encore.
Sixième wipe.
La soirée avait déjà été longue.
Al’ar, le Saccageur, Solarian, puis six tentatives sur Kael’thas.
Les pirates avaient donné tout ce qu’ils avaient pour cette première vraie offensive.
La fatigue était visible.
Les voix étaient plus basses.
Certains sacs étaient vides.
Certaines armures demandaient grâce.
Il fallait savoir s’arrêter pour mieux revenir.
Niismo passa les rangs en revue, jaugeant ce qu’il restait de forces.
— On arrête là pour ce soir. Demain, on revient. Et demain, il tombe.
Le message était simple.
Kael’thas avait gagné une nuit.
Pas plus.
Kael’thas résista toute la soirée, mais chaque wipe rapprochait les pirates de la victoire.
Le lendemain, les pirates revinrent.
Cette fois, l’ambiance était différente.
La découverte était passée.
Les erreurs de la veille étaient encore fraîches.
Les assignations avaient été répétées, corrigées, clarifiées.
Plus personne ne venait simplement “voir jusqu’où ça allait”.
Ils venaient terminer le travail.
Le premier essai de la soirée fut rude.
Kael’thas tenait encore bon.
Le deuxième essai apporta de nouveaux ajustements.
Le troisième fit monter la tension.
Le quatrième arracha quelques soupirs.
Au cinquième wipe, l’équipage aurait pu douter.
Mais les pirates connaissaient désormais cette sensation.
Celle des soirées où tout semble presque passer.
Celle où il manque quelques secondes, quelques contrôles, quelques placements,
quelques respirations.
Celle où la victoire est assez proche pour devenir agaçante.
Alors ils repartirent.
Encore une fois.
Les conseillers tombèrent proprement.
Les armes furent maîtrisées.
Les placements tinrent.
Les voix restèrent calmes.
Les erreurs furent rattrapées.
Phase après phase, le Pirates FC avança.
Kael’thas lança ses dernières forces.
La salle entière se mit à trembler sous des éclats d’énergie arcanique,
comme si la forteresse elle-même refusait d’admettre sa défaite.
Les soigneurs tinrent bon.
Les dégâts poussèrent jusqu’au bout.
Le prince se redressa une dernière fois ...
... puis s’effondra, vaincu par son propre orgueil autant que par les pirates.
Kael’thas Haut-Soleil tomba.
Après une nuit de résistance et cinq nouveaux échecs, Kael’thas tomba enfin devant le Pirates FC.
Le Donjon de la Tempête venait d’être nettoyé.
Al’ar, Saccageur du Vide,
Grande Astromancienne Solarian, Kael’thas Haut-Soleil.
Tous étaient tombés.
KT était clean.
Les cris de victoire résonnèrent dans la forteresse.
Les pirates venaient de valider tous leurs objectifs.
Les primes étaient accomplies, les coffres remplis, les réputations renforcées.
Niismo n’avait jamais été aussi fière de son équipage.
Quelques semaines plus tôt, ils découvraient encore les grandes menaces de l’Outreterre.
Désormais, ils venaient de faire tomber SSC et KT.
Les eaux ennemies et les cieux arcaniques avaient cédé sous le même pavillon.
Mais une victoire ne voulait pas dire que le travail était terminé.
Il fallait maintenant perfectionner.
Les stratégies devaient devenir plus propres.
Les placements plus rapides.
Les équipements plus solides.
Les consommables mieux préparés.
Les réflexes plus naturels.
L’objectif était simple :
Revenir chaque semaine.
Tomber les boss plus vite. Wipe moins souvent.
Ramasser plus de trésors.
Et si possible, se coucher avant que le soleil menace de se lever.
Pendant plusieurs mois, les pirates reprirent donc la route de SSC et du Donjon de la Tempête.
Semaine après semaine, les combats devinrent plus maîtrisés.
Les wipes se firent plus rares.
Les loots remplirent les sacs.
Les armures se couvrirent des meilleures gemmes et des meilleurs enchantements.
Les pirates apprirent à aller plus vite, à frapper plus fort,
à mieux se coordonner, et à transformer ces anciens tourments en routes familières.
Le Pirates FC avait prouvé qu’il pouvait conquérir les profondeurs.
Puis il avait prouvé qu’il pouvait prendre d’assaut les cieux.
Désormais, l’équipage était plus fort que jamais.
Et quelque part, au-delà des victoires, des trésors et des soirées trop longues,
une certitude commençait à s’imposer :
Les pirates n’étaient plus de simples aventuriers.
Ils étaient devenus une force que l’Outreterre devait prendre au sérieux.
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Chapitre 09
De nouveaux ordres à bord
Le repos ne sera que de courte durée
Après la chute de Dame Vashj et de Kael’thas Haut-Soleil,
le Pirates FC entra dans une période plus calme.
L’équipage avait trouvé son rythme. Les stratégies étaient maîtrisées, les groupes mieux organisés,
les rôles plus clairs. SSC et le Donjon de la Tempête tombaient maintenant dans la même soirée.
Les pirates entraient, frappaient fort, ramassaient les trésors, puis repartaient les sacs pleins,
parfois même assez tôt pour prétendre avoir une vie normale.
L’été arriva sur Azeroth.
Certains membres de l’équipage prirent un repos bien mérité.
Quelques-uns disparurent vers des plages plus calmes, d’autres retrouvèrent les tavernes,
et certains jurèrent qu’ils partaient seulement “quelques jours” avant de ne plus donner signe de vie
jusqu’au prochain appel de raid.
Le Pirates FC a bien mérité un petit moment de repos sur la plage.
Sur le pont du navire, l’ambiance semblait presque paisible.
Les coffres étaient remplis. Les armures renforcées. Les armes enchantées.
La Flotte Noire avait gagné en puissance, mais aussi en confiance.
Pourtant, loin des chants de victoire et des soirées plus légères, quelque chose commença à se troubler.
Des éclaireurs parlèrent de perturbations dans la trame temporelle.
Des mages confirmèrent des fluctuations étranges.
L’affaire remonta jusqu’à Thrall.
Le chef de guerre ne prit pas la menace à la légère.
Si le temps lui-même commençait à se fissurer alors il ne s’agissait plus seulement d’une affaire de magie instable.
C’était une menace pour tous.
Quelques jours plus tard, un premier dossier confidentiel fut transmis à
Niismo, Envyy et aux officiers du Pirates FC.
Opération : La Boucle Temporelle.
Le premier dossier ne ressemblait à aucun ordre de mission habituel.
Il ne désignait pas clairement une cible. Il ne promettait ni trésor, ni territoire,
ni victoire certaine. Il parlait d’une perturbation temporelle, d’une rupture à venir,
et d’informations que personne n’aurait dû posséder.
Niismo compris rapidement que ce rapport ne pouvait pas rester enfermé
dans son tiroir.
La Flotte Noire devait s'organiser
Les premières analyses ne permettaient pas d’identifier l’origine exacte de l’anomalie.
Deux lieux revenaient pourtant dans les rapports.
D’un côté, les Grottes du Temps, en Tanaris, où les dragons de bronze
veillent depuis toujours sur les chemins fragiles de la chronologie.
De l’autre, la vallée d’Ombrelune, où se dressait le
Temple Noir, forteresse d’Illidan Hurlorage et symbole d’une menace
que les pirates n’avaient pas encore affrontée.
Deux équipes de reconnaissance furent envoyées.
Les premiers retours confirmèrent les craintes du Haut Commandement.
Les Grottes du Temps semblaient bien liées aux perturbations observées.
Mais le Temple Noir, lui aussi, montrait une activité inhabituelle.
Deux fronts. Deux mystères.
Les rapports de terrain ne suffisaient plus.
Pour comprendre ce qui liait les Grottes du Temps au Temple Noir,
le Haut Commandement ordonna de fouiller les archives de Dalaran.
Les pirates n’étaient pas habitués à ce genre de bataille.
Ici, pas de boss à charger, pas de coffre à ouvrir, pas de cri de guerre à pousser.
Seulement des piles de dossiers, des parchemins anciens,
des dates contradictoires et des phrases écrites par des mains inconnues.
Puis les premières découvertes apparurent.
Les archives mentionnaient des perturbations similaires.
Des souvenirs venus d’ailleurs. Des événements observés avant leur accomplissement.
Des rapports qui semblaient avoir été rédigés après des batailles encore impossibles.
Dans les dossiers liés au Temple Noir, certaines annotations revenaient comme des avertissements.
À partir de ce moment, l’hypothèse d’une simple erreur magique ne tenait plus.
Quelqu’un, ou quelque chose, connaissait déjà la route.
Les recherches ouvrirent ensuite une série de dossiers plus inquiétants encore.
Ce n’étaient plus de simples rapports d’anomalie.
C’étaient des fiches de renseignement.
Des noms. Des lieux. Des capacités. Des niveaux de menace.
Des détails militaires trop précis pour être de simples suppositions.
Certains dossiers concernaient le Mont Hyjal,
théâtre d’une ancienne guerre que les archives semblaient pourtant présenter
comme une bataille à venir.
D’autres pointaient vers le Temple Noir,
ses gardiens, ses serviteurs, ses horreurs enfermées derrière les murs d’Illidan.
Chaque fiche renforçait le même malaise.
La Flotte Noire ne découvrait pas seulement de nouveaux ennemis.
Elle découvrait des ennemis dont quelqu’un avait déjà documenté la chute,
les forces, les faiblesses et parfois même les circonstances de l’affrontement.
Ces archives n’auraient pas dû exister.
Les rapports furent réunis, comparés, scellés puis transmis au commandement.
Les conclusions étaient prudentes, mais personne ne pouvait plus nier l’évidence :
l’anomalie temporelle ne se limitait pas à quelques visions isolées.
Elle touchait plusieurs lieux.
Elle précédait plusieurs conflits.
Elle semblait tracer une route.
Le Haut Commandement prit alors une décision.
Une avant-garde serait déployée.
Une unité partirait vers le Temple Noir,
afin de renforcer la surveillance autour des mouvements d’Illidan.
Une autre rejoindrait les Grottes du Temps,
pour surveiller les perturbations et établir un point de rassemblement.
Mais une phrase, glissée dans les ordres, pesa lourd sur chaque membre désigné.
Ce que nous cherchons à comprendre pourrait s’avérer plus dangereux que ce que nous avons déjà affronté.
Les premiers rapports de l’avant-garde arrivèrent peu après.
Du côté des Grottes du Temps, l’Unité II maintenait ses positions.
Aucun affrontement majeur. Aucun ennemi visible. Seulement des fluctuations irrégulières,
des phénomènes impossibles à stabiliser, et cette sensation pesante que le désert lui-même
retenait son souffle.
Au Temple Noir, la situation était différente.
L’Unité I avait atteint les abords de la forteresse, mais ses mouvements furent détectés
par les forces d’Illidan.
Le contact avec l’ennemi devint inévitable.
La position initiale fut compromise.
L’avant-garde dut se replier.
Mais pendant ce repli, un élément inattendu changea la nature de la mission :
un officier ennemi fut capturé.
Pour certains, c’était une opportunité.
Pour d’autres, un piège.
La capture de l’officier d’Illidan remonta immédiatement au commandement.
La réponse officielle ne tarda pas.
L’interrogatoire était autorisé.
Sur le papier, l’ordre était logique.
Mais presque au même moment, une autre lettre circula.
Plus personnelle. Plus urgente. Plus inquiétante.
Niismo y évoquait des informations reçues récemment,
des détails trop précis pour être ignorés,
et une possibilité que personne ne voulait formuler à voix haute.
Et si tout cela s’était réellement déjà produit ?
Si l’ennemi connaissait les réactions de la Flotte Noire avant même qu’elles ne soient décidées,
alors le prisonnier n’était peut-être pas une source.
Il était peut-être l’appât.
Niismo prit alors une décision lourde de conséquences.
La priorité n’était plus de gagner cette bataille.
Il fallait comprendre la suivante.
Les ordres de rappel furent transmis sans délai.
Toutes les unités déployées autour du Temple Noir devaient abandonner leurs positions.
Aucune nouvelle confrontation ne devait être recherchée.
Aucun soldat ne devait rester en arrière.
Dans le même temps, les équipes de recherche stationnées à Dalaran reçurent elles aussi
l’ordre de quitter les archives.
Les rapports, documents et découvertes devaient être conservés.
Mais les recherches sur place étaient terminées.
Une seule destination demeurait.
Les Grottes du Temps.
Ce n’était plus une simple mission d’observation.
La Flotte Noire se regroupait.
Les éclaireurs, les chercheurs, les avant-gardes et les officiers convergeaient désormais
vers le même point.
Là où les premières perturbations avaient été confirmées.
Là où les rapports devenaient impossibles.
Là où le temps semblait s’être fissuré.
Les pirates ne savaient pas encore ce qu’ils allaient trouver.
Mais ils savaient une chose :
Ils n’étaient plus envoyés pour observer.
Ils étaient envoyés pour agir.
Les éclaireurs, les unités avancées, les chercheurs de Dalaran et les officiers encore dispersés
reçurent tous la même directive.
Rassemblement immédiat aux abords des Grottes du Temps.
Les Grottes n’étaient plus seulement un point d’observation.
Elles devenaient le cœur de l’opération.
Pendant des heures, les navires de la Flotte Noire convergèrent vers Tanaris.
Les pavillons apparurent les uns après les autres à l’horizon,
sombres silhouettes sur une mer agitée.
Kraken, Léviathan, Sirène, Mosasaure, Scylla, Maelstrom...
chaque escouade répondit à l’appel.
Les navires de la Flotte Noire convergèrent vers Tanaris.
Pourtant, contrairement aux campagnes précédentes, aucun cri de victoire ne précédait le départ.
Aucun pirate ne pouvait vraiment dire ce qui l’attendait.
Les rapports étaient incomplets.
Les archives se contredisaient.
Et les souvenirs dont parlaient certains membres de l’équipage ressemblaient trop à des avertissements
pour être ignorés.
À mesure que les rapports furent regroupés, une conclusion commença à s’imposer.
Les Grottes du Temps étaient bien au centre des perturbations.
C’était là que les relevés s’emballaient, là que les incohérences se croisaient,
là que les événements semblaient se plier les uns sur les autres.
Mais les officiers de la Flotte Noire comprirent vite une chose :
L’endroit où l’anomalie se manifeste n’est pas forcément l’endroit où elle est née.
Les dossiers ramenés de Dalaran, les témoignages d’éclaireurs et les fragments d’archives
pointaient tous vers une même direction.
Pas vers le Temple Noir.
Pas encore.
Vers une ancienne terre de guerre.
Un lieu marqué par des batailles que le monde n’avait jamais vraiment oubliées.
Le Mont Hyjal.
Quelque chose s’y était produit.
Quelque chose d’assez puissant pour laisser une empreinte dans la trame du temps.
Le Haut Commandement ne savait pas encore si Hyjal était l’origine du phénomène,
une conséquence, ou simplement la première porte d’un piège plus vaste.
Mais une décision fut prise.
C’est là que l’enquête commencerait.
Niismo refusa d’envoyer toute la Flotte Noire à l’aveugle.
Les pirates avaient déjà affronté des seigneurs des abîmes, des phénix, des nagas et des princes déchus.
Mais cette fois, l’ennemi n’avait peut-être pas de visage.
Ou pire encore :
il connaissait peut-être déjà leurs choix.
Une unité d’avant-garde fut donc désignée.
Elle partirait avant le reste de l’équipage, sous couvert de la nuit,
pour reconnaître les abords des Grottes du Temps et préparer la progression vers Hyjal.
Sa mission n’était pas de chercher la gloire.
Pas de provoquer une bataille.
Pas de prouver quoi que ce soit.
Repérer les positions ennemies.
Identifier les accès.
Évaluer les dangers.
Et revenir avec assez d’informations pour que la Flotte avance sans se jeter dans l’inconnu.
Pour une fois, la prudence passait avant l’audace.
Et venant de pirates, cela suffisait à prouver que la situation était grave.
À minuit, l’avant-garde quitta le camp.
Les torches furent couvertes.
Les ordres répétés une dernière fois.
Les éclaireurs prirent la tête, suivis par ceux capables de tenir une position si la situation venait à dégénérer.
Derrière eux, la Flotte Noire attendait.
Des dizaines de pirates, silencieux pour une fois, regardaient cette première unité disparaître
dans les ombres de Tanaris.
Personne ne savait ce qu’ils allaient trouver.
Mais chacun comprenait que leur rapport déciderait de la suite.
L’avant-garde ouvrait la voie.
Des dizaines de pirates, silencieux pour une fois, regardaient cette première unité disparaître.
Les ordres étaient désormais transmis.
Les unités de reconnaissance avaient été rappelées.
Les chercheurs avaient quitté Dalaran.
Les avant-gardes convergeaient vers les Grottes du Temps.
Le Temple Noir restait une menace.
Hyjal devenait la première piste.
Et les Grottes du Temps, elles, étaient désormais le point de rassemblement de toute la Flotte Noire.
Plus personne ne parlait encore de victoire.
Pas officiellement.
Il fallait d’abord comprendre.
Comprendre les anomalies.
Comprendre les souvenirs.
Comprendre pourquoi certains rapports semblaient connaître des batailles avant même qu’elles ne commencent.
Alors, avant que l’avant-garde ne s’enfonce plus loin dans l’inconnu,
Niismo adressa un dernier message à l’ensemble de la Flotte Noire.
Un discours pour rappeler d’où ils venaient.
Et surtout, pourquoi ils ne devaient pas avancer comme de simples aventuriers en quête d’un nouveau combat.
Le discours fut conservé dans les archives de la Flotte Noire.
Non pas comme un simple ordre de mission, mais comme une trace.
Un rappel de ce moment précis où l’équipage cessa de suivre uniquement les rapports,
les visions et les avertissements.
À partir de cette nuit, la suite ne dépendrait plus seulement des documents retrouvés.
Elle dépendrait des pirates eux-mêmes.
Les archives se refermèrent sur ces mots.
Les Grottes du Temps attendaient.
Le Mont Hyjal se dessinait déjà derrière le voile de l’anomalie.
Et quelque part, dans l’ombre, le Temple Noir demeurait silencieux.
La prochaine page n’était plus écrite d’avance.
Elle appartenait désormais à la Flotte Noire.
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Portrait
Niismo
Guerrière — Capitaine du Pirates FC
Avant d’être la capitaine du Pirates FC, avant les raids,
les butins épiques, les cris sur le pont et les décisions prises au milieu du chaos,
Niismo n’était qu’une jeune orque avec une barque fatiguée,
une canne à pêche douteuse, et beaucoup trop d’ambition pour quelqu’un
qui perdait encore régulièrement ses appâts.
Elle vivait simplement, entre les côtes brûlantes de Durotar,
les tavernes d’Orgrimmar, et les petits boulots qui rapportaient
juste assez pour boire, réparer sa barque, puis boire encore un peu.
Mais déjà, quelque chose la différenciait des autres.
Là où certains voyaient une vie tranquille, Niismo voyait une prison.
Là où d’autres se contentaient d’une bonne pêche et d’une soirée au chaud,
elle rêvait de grandes traversées, de trésors oubliés, de combats impossibles
et d’un pavillon qui claquerait au vent.
Avant la légende, il y eut une barque, une canne à pêche… et beaucoup de confiance injustifiée.
Niismo n’était pas la plus riche. Ni la mieux équipée. Ni même toujours la plus prudente.
Mais elle possédait une qualité rare : elle avançait.
Quand elle tombait, elle se relevait. Quand elle perdait, elle racontait l’histoire
comme si elle avait presque gagné. Quand on se moquait de ses rêves, elle riait plus fort
que les autres, puis recommençait le lendemain avec encore plus d’obstination.
Dans les tavernes, on la connaissait déjà.
Pas encore comme une grande cheffe de guerre, non.
Plutôt comme cette orque bruyante qui parlait de navires, d’équipage et de gloire
alors qu’elle n’avait parfois même pas de quoi payer sa dernière tournée.
Mais ses compagnons l’écoutaient.
Parce que derrière les grands discours, les blagues et les promesses lancées entre deux chopes,
il y avait une vraie conviction.
Niismo ne voulait pas seulement partir à l’aventure.
Elle voulait emmener les autres avec elle.
Dans les tavernes d’Orgrimmar, certains entendaient des histoires. Niismo, elle, préparait déjà une légende.
Lorsque le Pirates FC prit enfin la mer, Niismo changea.
Elle resta la même dans le fond : fière, têtue, parfois trop sûre d’elle,
toujours capable de transformer une mauvaise idée en aventure mémorable.
Mais le poids du pavillon commença à peser sur ses épaules.
Un équipage, ce n’était pas seulement des chants, des butins et des grands départs
au coucher du soleil. C’était aussi des décisions difficiles.
Des recrues à guider. Des conflits à calmer. Des défaites à encaisser.
Des soirées où il fallait continuer à croire en la victoire,
même quand tout le monde venait de mourir pour la huitième fois.
Niismo apprit alors ce qu’était réellement le rôle d’une capitaine.
Ce n’était pas toujours être celle qui frappait le plus fort.
Ce n’était pas toujours avoir raison.
Ce n’était même pas toujours donner les ordres les plus brillants.
C’était garder le cap.
Quand la Porte des Ténèbres s’ouvrit dans le chaos, elle garda le cap.
Quand l’équipage se dispersa en Outreterre, elle garda le cap.
Quand Karazhan leur montra que la gloire se gagnait salle après salle,
elle garda le cap.
Quand Magtheridon écrasa les pirates encore et encore,
elle garda le cap.
Et peu à peu, les autres suivirent.
Être capitaine, ce n’était pas seulement tenir la barre. C’était empêcher l’équipage de perdre foi dans la tempête.
Avec le temps, Niismo comprit aussi qu’un bon chef ne dirige pas seul.
Ce n’était pas un aveu de faiblesse.
C’était exactement l’inverse.
Niismo avait compris qu’un équipage ne devient grand que lorsque chacun y trouve sa place.
Les plus forts devaient pouvoir briller. Les plus investis devaient être récompensés.
Les erreurs devaient servir de leçon, pas seulement de prétexte pour râler.
Elle n’était plus seulement la rêveuse de taverne qui voulait un bateau.
Elle devenait la capitaine capable de transformer une bande de joueurs bruyants,
fatigués, parfois mal préparés, mais profondément motivés,
en un véritable groupe de raid.
Le Pirates FC n’était pas parfait.
Mais il avançait.
Et c’était peut-être ce qui ressemblait le plus à Niismo.
Une capitaine seule peut lancer une aventure. Une capitaine bien entourée peut bâtir une légende.
Puis vinrent les grandes victoires.
Niismo voyait son rêve prendre forme.
Ce qui avait commencé comme une discussion bruyante dans une taverne
était devenu un vrai pavillon. Un vrai équipage. Une vraie histoire.
Bien sûr, tout n’était pas parfait.
Certains oubliaient encore leurs flacons. D’autres se perdaient toujours sur le chemin.
Quelques pirates continuaient à confondre “stratégie” et “on verra bien”.
Et le fameux DST semblait préférer rester une légende plutôt qu’un objet réel.
Mais Niismo avait gagné quelque chose de plus précieux qu’un bijou ou une arme épique.
Elle avait gagné un équipage qui croyait en elle.
Pas parce qu’elle était parfaite.
Pas parce qu’elle avait toujours raison.
Mais parce qu’elle avançait toujours.
Parce qu’elle savait rire après une défaite.
Parce qu’elle savait relever les siens.
Parce qu’elle savait transformer une soirée de wipe en souvenir de guilde.
Niismo n’était plus seulement celle qui rêvait de légende.
Elle était devenue celle qui la menait.
De la barque de pêche au pont du navire, Niismo avait tracé sa route sans jamais baisser le pavillon.
Aujourd’hui encore, quand le pavillon du Pirates FC claque au vent,
on raconte que tout vient de là.
D’une orque trop fière pour admettre qu’elle avait peur.
D’une pêcheuse qui rêvait plus grand que sa barque.
D’une guerrière qui apprit à porter plus qu’une armure :
les espoirs, les erreurs, les victoires et les histoires de tout un équipage.
Niismo n’a jamais prétendu être une capitaine parfaite.
Mais elle a toujours su une chose.
Tant que l’équipage se relève,
tant que les chopes se lèvent,
tant que le navire avance…